Les modèles

Il faut pouvoir savoir distinguer les modèles servant à comprendre le monde, des modèles cherchant à le reproduire, autrement dit des modèles de connaissance / d’analyse et des modèles de conception.

Dans le premier groupe, les données du monde réel sont discriminées, organisée et catégorisées, le résultat de ce travail est une interprétation du monde. Chaque culture produit les siennes. Lorsqu’il s’agit d’utiliser des modèles pour traiter un problème concret, un filtrage est fait pour adapter le modèle à la réponse à apporter. Dans le deuxième cas, le filtrage est fait en amont dans une opération de simplification des données. Des méthodes de traitement (actuellement c’est presque exclusivement l’outil informatique) sont appliquées pour créer un modèle applicable.

Schéma spéculatif de l’utilisation des modèles et des méthodes. Dans le premier dessin, les modèles sont des points d’appui qui permettent l’instrumentation des théories et servent à engager une action dans le concret. Dans le deuxième, la réalité idéalisée devient un modèle.

Cette interprétation spéculative, correspond assez bien à ces groupes de travaux plaquant des méthodes mathématiques à des objets devenant dès lors des modèles. On songera aux premiers travaux d’Alexander[1] par exemple et à ceux, qui jusqu’à ces jours, pensent trouver dans des équations les secrets des développements des villes et de la construction de l’habitat. En 1983, Jean Pierre Péneau dans son article l’éclipse des méthodologies[2] dressait un panorama exhaustif des tentatives «scientifiques et rationnelles» pour penser la ville et qui se révèlent pratiquement toutes, infructueuses. L’utilisation du mot éclipse signifiant sûrement que le mouvement est, hélas, récurrent.

L’exposition de Beaubourg concernant les architectures « non standard[3] » viennent conforter cette lointaine intuition. L’informatique graphique rendant ce que l’informatique logique ou déductive n’avait pu produire en terme d’images.

Simcity (Maxis). Il est assez intéressant de comparer les modèles de compréhension de ville avec ceux utilisés par le jeu de simulation Simcity (actuellement version 3000). L’économie, la qualité de vie, la croissance urbaine, les réseaux et les échanges sont pris en compte. La simulation est si fidèle à une vision politico-économique de la ville que le maire de Nantes a fait réaliser une version locale.

La référence non standard fait appel aux notions de séries dans lesquelles il est possible de faire varier quelques valeurs afin de produire des objets uniques (non standards donc, mais il serait préférable de dire non standardisés). Cette notion, parfaitement assimilée à l’air du temps (pensons à la Smart, aux faces de téléphones portables, à la Swatch, etc…) vient s’appliquer à l’architecture.

Là encore, peu de nouveauté, Le Corbusier avec le plan libre, ne proposait pas autre chose.

Nous avons toutefois ici, moins un discours sur la (non) standardisation, qu’une série de propositions formelles visant à établir un moment arrêté dans un espace infini de solutions. Le choix de faire appel à des formes souples (choix arbitraire et formel) permet de nourrir immédiatement une complexité d’engendrement et de lecture faisant penser aux formes naturelles.

A n’en point douter, le discours entre dans un processus de justification « logique » du processus créatif. La création, balisée et/ou argumentée par un contexte mathématique dense, doit permettre d’échapper au jugement esthétique intuitif.

Nous allons rapidement examiner quelques modèles théoriques et tenter de retrouver ceux concernés par l’exposition.

Les modèles linguistiques explorent le monde du langage naturel. Ces modèles seront utilisés dans ce travail dans la partie consacrée aux topiques d’ambiance. Les modèles linguistiques peuvent être stimulants dans une recherche si l’on accepte l’idée que c’est le langage qui façonne la pensée[4][5] donc d’une certaine manière la perception de l’espace dans la phase de préconception et d’interprétation[6]. Les modèles linguistiques imprègnent par exemple fortement les effets sonores de Jean François Augoyard[7].

Pour comprendre les mécanismes du langage, puis les interactions entre formalisation de la pensée par (ou via selon les écoles) le langage, les linguistes ont mis en place des outils fragmentant l'objet d'étude, pour en dégager les propriétés structurelles. Le schéma émetteur / récepteur s'est enrichi pour aboutir à la fameuse structure : signifiant - signifié - référent.

Structures du signifiant du signifié dans le monde qui les contient.

Le signifiant est le mot (le phonème), le signifié est l’objet désigné, et le référent l'objet dans sa globalité. Peirce utilise une autre terminologie en indiquant representamen - interprétant - objet.

Les modèles iconiques, engagent le domaine de la sémiologie, donc de la relation entre la figuration, l’image, et les structures linguistiques qui les portent. Selon Madeleine Arnold[8], la sémiotique en architecture s’est intéressée à la «conception architecturale, à l’appropriation de l’environnement construit, aux plans et aux dessins d’architectes, aux textes techniques, aux discours critiques, aux traités, à la communication entre les différents acteurs impliqués». La sémiotique appliquée à l’architecture donne les outils du linguiste pour comprendre et coder les différents aspects de la discipline. Toutefois, la transposition n’est pas toujours heureuse et la tentation est forte de réduire l’approche en terme de communication, (schéma de Jakobson[9]), de code ou de langage.

Pour JP Bonta[10], l’œuvre architecturale est un système d’indicateurs, et donc un système expressif, organisé autour de signaux, de pseudo-signaux, d’indices intentionnels, et d’autres indices dont l’intentionnalité (ou non), dépend de l’émetteur, et/ou est présumée par le récepteur. Pour le Groupe 107[11], le plan d’architecture est un langage répondant aux propriétés définies par Hjelmslev[12]. Pour le sémioticien de l’architecture Preziosi[13], on trouve dans le code architectonique, une unité de langue porteuse de signification, et une unité de langue distincte, non porteuse de signification, mais servant à distinguer des unités proprement significatives. La référence des travaux de Preziosi, est Charles Sanders Peirce[14], c’est ce dernier qui avait dégagé les notions de signe iconique, indiciaire et symbolique. Enfin, pour Broadbent[15], il existe quatre modes de conception, pragmatique, typologique, analogique, et géométrique. L’approche de Broadbent repose sur les théories de Chomsky[16].

Sentant une certaine perplexité à la lecture des quelques lignes qui précèdent, remettons cela en termes simples. Une colonne dorique est un signe, un fronton est un autre signe, un emmarchement encore un autre etc…Si dans mon projet, je mets un fronton, j’utilise un signe qui fait sens. La question devient donc : l’architecture manipule-t-elle des signes ??

Comme l’a fait Goodman[17], des chercheurs se sont demandés si l’architecture pouvait être porteuse d’un langage, les plans et les dessins pouvant en être l’une des écritures. La question est complexe, et assez stimulante. Goodman pense que non, une même forme graphique ne renvoyant pas à une forme particulière ayant un sens particulier, comme c’est le cas pour la musique, la danse et bien sûr l’écriture. Pour autant, tout est signe[18], renvoyant à une autre réalité ou à des dimensions abstraites où logent le symbolique, le désir et l’accomplissement.

 

1- l’évolution de l’écriture chinoise, du dessin vers la symbolisation. 2 – A.Boucourechliev, partition d’Archipel 3. 3 – Les signes universels de Luc Joly[19].

Les modèles iconiques posent le problème du rapport entre l’objet représenté et sa représentation. En architecture, en urbanisme, en paysagisme, les moyens de communiquer le projet sont nombreux. Dans le chapitre consacré à la représentation des ambiances, ils seront examinés de près. Le plan, la coupe, l’axonométrie, les gribouillis de recherche, la photographie, sont autant d’expressions du projet. Il serait très imprudent de suggérer qu’à chaque représentation il corresponde un stade de réflexion, cela induisant qu’un modèle iconique correspondrait à un moment unique de la définition du projet. En conception, ces différents types d’approche sont menés de front, simultanément, et en superposition. Il n’est ainsi pas rare qu’un plan informatique soit l’objet d’une surcharge de coups de crayons si le résultat n’est pas celui attendu.

Les modèles topologiques sont ceux où l’on va placer les composants sur un plan ou dans un tableau. Il existe un nombre infini de représentations topologiques, les plus connues et faciles à utiliser sont les organigrammes. Le modèle topologique n’est pas une transcription caractère à caractère de la réalité mais une manière de la raconter en augmentant éventuellement les détails significatifs ou les points remarquables.

Modèle topologique, diagrammes et plans[20]. Dans cet exemple, l’organigramme organise une progression maîtrisée de la conception. Chaque phase enrichit peu à peu le projet. (travail d’étudiants)

Le modèle topologique permet de représenter les activités dans un bâtiment tel dans l’exemple de Bernard Tschumi[21] ci-dessous, où sont indiquées les activités dynamiques et statiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

Bernard Tschumi, « Do-it Yourself City »

L’exemple suivant est le combiné d’un modèle topologique et d’un modèle arithmétique. Ici, l’organisation géographique des espaces est décrite en fonction des liens qui les unissent et de la fréquence de ces liens. Les données du tableau entrent dans un modèle arithmétique.

Le sujet va du (de la)

Cuisine

Séjour

Bain

Services

Cui-sine

 

 

8 fois

 

9 fois

 

6 fois

Vers le séjour

 

7 fois

 

 

5 fois

 

5 fois

Vers le bain

 

10 fois

 

5 fois

 

 

2 fois

Vers les services

 

7 fois

 

4 fois

 

2 fois

 

Très visuels, dans le sens où leur lecture est rapide, facile et évocatrice, les modèles topologiques sont employés en programmation pour décrire précisément le fonctionnement d’un espace sans en réaliser un plan.

Les modèles géométriques répondent en partie à la grande question du beau. Pour Aristote ou Thomas d’Aquin le beau passe entre autre par la répétition de la mesure et la symétrie pour le premier et l’harmonie pour le second (voir la partie consacrée à l’esthétique ci-après). Une bonne architecture passe donc par ce que l’on appelle, une composition rigoureuse et géométrique. L’interprétation géométrique des proportions peut être très subtile comme chez les Grecs, où les effets de perspective sont redressés par des corrections optiques ou plus systématique, comme c’est le cas dans les dessins d’Alberti par exemple.

Santa Maria Novella, Alberti 1279. La façade, qui est un plaquage sur une armature gothique, est un des meilleurs exemples de composition régulière géométrique.

La composition régulière va profondément marquer l’architecture, Alberti, Brunelleschi, Palladio, vont théoriser leurs modèles, JNL Durand proposera des trames de composition, Le Corbusier, pourtant plus connus pour ces dessins cursifs, utilisera la composition géométrique pour ces bâtiments, tout d’abord de façon réflexive, (comme Alberti, les bonnes proportions se trouvent dans la forme de départ qui est ensuite découpée suivant des procédures harmoniques) puis induites par la figure d’un homme idéal, le Modulor.

Car, depuis Polyclète puis Vitruve et Léonard de Vinci, il est une idée que l’homme peut posséder des proportions idéales, répondant à des critères géométriques et proportionnels.

Leonard de Vinci, figure proportionnelle Vitruvienne

Date: c.1485-1490

Martini Francesco di Giorgio figure proportionnelle Vitruvienne

Martini Francesco di Giorgio, Trattati di Archittectura ; Ingegneria e Arte Militare

Date: 1482-89, 1492

Le Corbusier,

Le Modulor

Commode pour apprendre à dessiner correctement les proportions humaines (de nos jours cette méthode est encore utilisée[22]), l’homme géométrique finit donc par modeler un environnement utilisé par toutes et tous. Cette figure prototypique a connu un destin intéressant. Universel et divin, l’homme géométrique, proportionné dans une sphère commence à exposer l’ambiguïté entre les volumes platoniciens, incarnant la perfection selon les critères de l’antiquité, et une vision globale et infinie de Dieu. Cela amorce même une tension qui existera entre ces deux visions du monde spirituel, que l’on verra se développer progressivement et qui explosera formellement, grâce à des projets de papier, à la révolution française[23].

La figure de l’être idéal a au siècle dernier quelque peu abandonné le domaine de la géométrie pour se rapprocher des canons de la beauté grecs. C’est ainsi par exemple que les préraphaélites vont portraiturer leurs modèles en les amenant vers cet absolu de la grâce et de l’harmonie[24]. Des toiles comme Proserpine de Rossetti ou plus encore L’escalier d’Or de Burne-Jones (toile de 1880 préfigurant de manière étonnante celle de Duchamp) en sont des exemples remarquables.

Burne-Jones The Arming of Perseus (extrait), 1885, huile sur toile, collection privée. La figure idéalisée devient complètement uniforme, et il devient impossible de distinguer les personnages les uns des autres.

Sous l’impulsion des travaux de l’école de Dessau, la rationalisation fait resurgir l’homme géométrique qui deviendra le modèle de cette pratique vouée à un bel avenir qu’est l’ergonomie. Un personnage important et ahurissant va donc naître, sans visage, pas très bien fait, mais qui va régler au centimètre près l’ensemble de notre espace, de l’embrasure des portes à la taille des marches d’escalier, de la hauteur d’une chaise à la largeur des couloirs. Un bel exemple de modèle géométrique. Ce modèle facilite tellement notre monde que les cuisines sont devenues toutes petites et les bureaux stressants par manque d’espace[25].

Normes AFNOR d’ergonomie. Etude des volumes de service d’après G.H.Pingusson

(Techniques et Architecture n°1 -2 janvier-février, 1943, p.49

Les modèles métaphoriques sont des modèles appartenant à une discipline et transposés dans une autre. La métaphore vient de l’utilisation, de l’image transposée et du comportement que l’on cherche à copier. La croissance des plantes a ainsi été abondamment utilisée, les vagues également pour expliquer et représenter la plupart des phénomènes ondulaires. Les insectes, les fourmis et les abeilles sont à la mode actuellement pour décrire le comportement humain (les systèmes d’agents, qui pourront même par réciprocité être utilisés pour étudier les animaux[26]) ou envoyer un robot sur Mars.

Le modèle arborescent de C.Alexander. Ce modèle devant résoudre les problèmes de conception des architectes a vite révélé ses limites. La critique architecturale a été telle[27] qu’Alexander a abandonné ce principe pour se tourner vers les patterns. Les informaticiens ont eux exploité ce modèle de croissance devenu un modèle architectural pour développer un modèle de classes d’objets destinés à des langages de programmation évolués comme le Smalltalk[28]. Alexander est depuis devenu très populaire chez les informaticiens.

Les modèles métaphoriques se retrouvent aussi directement sous forme symbolique pour décrire des organisations, comme la maison-mère en économie, les connexions maître / esclave en électronique, mâle / femelle en électricité. Les modèles métaphoriques serviront dans la suite du travail à appuyer la notion de métaphore dans la préconception de l’espace.

Les projets exposés lors de l’exposition « architecture non standard », partent d’un modèle mathématique (variations de séquences, vibrations, surfaces uniques (bouteille de Klein ou nœud de Moebius)) pour aller vers des expression métaphoriques de la nature : la caverne, le nid de termite, le fœtus, les croissances végétales…

L’utilisation des modèles

Dans le projet architectural et urbain en général, dans l’exercice de la conception, tous les types de modèles exposés ci-dessus sont utilisés. Ils servent à concevoir, à décrire, à expliquer, à convaincre, mais chaque concepteur les utilise différemment. Certains écrivent beaucoup, tandis que d’autres dessinent sans cesse, certains s’inspirent de la nature (Nervi, Calatrava), d’autres de la géométrie et des harmonies (Palladio, Le Corbusier).

Pier Luigi Nervi, Bâtiment d’exposition, 1948 – 1949, Turin

Santiago Calatrava, gare Stadelhofen, 1983 – 1984, Zurich

Andrea Palladio, Villa Rotunda, 1566 – 1571, Vicenza

Le Corbusier, Couvent de La Tourette, 1957 – 1960, Eveux-sur-Arbresle

 



[1]  ALEXANDER Christopher, De la synthèse à la forme, essai, Dunod, 1976 (1°ed 1971)187p.

[2]  PENEAU Jean Pierre, l’Eclipse des méthodologies, in Les cahiers de la recherches architecturale pp.52-59, n°13, octobre 1983, 59p.

[3]  voir le site web : http://www.cnac-gp.fr/Pompidou/Manifs.nsf/AllExpositions/7DA19D2CC76BE776C1256D0100510408?OpenDocument&sessionM=2.2.1&L=1

[4]  CHOMSKY Noam, Langage et pensée, Payot, 1969, 145p.

[5]  CAVALLIER François, Le langage et la pensée, Ellipses, 1997, 62p. pour une approche de la notion.

[6]  JIMENEZ Manuel, la psychologie de la perception, Dominos Flammarion, 1997, 125 p.

[7]  AUGOYARD Jean-François TORGUE Henri, répertoire des effets sonores, Ed Parenthèses, 1995, 174p.

[8]  ARNOLD Madeleine. Les théories sémiotiques suffisent-elles à décrire les phénomènes de signification en architecture ? in Espace : construction et signification, les Editions de la Villette 1984.

[9]  JAKOBSON Roman, Essai de linguistique générale, Paris, Ed. De Minuit, 1970.

[10]  BONTA Juan Pablo, Architecture and its interpretation. A study of expressive systems in architecture. London, Lund Humphries, 1979, 271 pages.

[11]  GROUPE 107, Sémiotique des plans en architecture. Paris, 1973, 198 pages

[12]  HJELMSLEV Louis, Prolégomènes à une théorie du langage, Paris, Editions de Minuit, 1968

[13]  PREZIOSI Donald, The semiotics of built environment. An introduction to architectonic analysis. Bloomington, Indiana University Press, 1979, 116p.

[14]  PEIRCE Charles Sanders, Collected Papers, Ecrits sur le signe, textes choisis, Paris, seuil, 1978

[15]  BROADBENT Geoffroy, The deep structures of architecture in Signs, symbol and architecture, ed. by Broadbent, R.Bunt, Ch.Jenks, Chichester, Wiley, 1980, p.119-168

[16]  Op.Cit.

[17]  GOODMAN Nelson, Les langages de l’art, Editions J.Chambon, 1990, 312p.

[18]  JEAN Georges, Langage de signes, l’écriture et son double, Gallimard, 1989, 207 p.

[19] JOLY Luc, forme et signe, une géométrie originelle, tricorne 1980 159p.

[20]  MINIUTTI Peter, KLUE Ruth, Theory Visualized : Technologically Enhanced Classroom Presentation, http://www.saed.kent.edu/Architronic

[21]  LUCAN Jacques., France Architecture 1965-1988, Electa Moniteur, Milan Paris 1989, 202 pages

[22]  HOGARTH Burne, Le dessin anatomique facile, Taschen, 1992, 222p.

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